Valentine SOLIGNAC – Le réel et la subjectivité

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Dans le cadre de workshops avec la photographe Valentine Solignac, les élèves ont apporté un regard nouveau sur leur quartier.

Comment amener un regard nouveau sur le quartier ? Comment le regard singulier de l’élève va modifier  notre perception du quartier ?

Comment apporter un nouveau regard photographique ?

 

Tous les élèves de 3ème du collège se sont déplacés dans le quartier du collège et ses alentours, munis des appareils photographiques numériques, pour révéler des aspects ignorés et insoupçonnés.

Les élèves nous montrent  ce qui n’avait jamais attiré l’attention, parce que l’angle de prise de vue, la lumière choisie ou encore ce détail nous emmène là où on ne pensait pas aller.

 

Comment et pourquoi l’image artistique enrichit-elle le rapport à la réalité et à sa perception ?

Le réel présent (l’image « vraie »), observé, interprété, déformé, comparé, composé.

 

Comment la photographie permet de donner à voir un point de vue indépendant ?

Comment révéler des aspects ignorés et insoupçonnés ?

Comment le regard singulier du photographe modifie notre perception du monde ?

Comment la photographie a le don de nous faire remarquer ces éléments qui ne seront pas l’objet de notre regard ?

Comment l’inaccoutumé peut-il se révéler ?

 

« La photographie permet de porter un nouveau regard sur le monde, et d’appréhender ou de comprendre son quotidien d’une autre/nouvelle manière. »

Valentine Solignac.

 

En échangeant avec  la plasticienne Valentine Solignac (lors de la phase de médiation), les élèves ont pu comprendre que  la photographie est un langage à part entière et qu’on doit l’étudier, le disséquer, pour pouvoir comprendre mieux sa force. Dans tous les cas, il est important de prendre son temps au moment de la prise de vue. Construire une image, ce n’est pas juste faire une photographie. Il faut être attentif à la composition, au cadrage, et à ce que l’on photographie. Il s’agit de mener une attention particulière au détail, au détail incongru, à ce détail inaccoutumé qui va devenir le sujet.

 

Ces workshops ont permis d’éduquer et affiner le regard de l’élève par l’observation de son environnement selon différents points de vue en limitant son champ visuel à travers l’utilisation d’un appareil photographique numérique, d’éveiller l’élève à l’analyse d’images (description, point de vue, etc.) et permettre à ce dernier d’élaborer sa propre démarche artistique en observant, en transformant, en produisant des images.

L’élève  se confronte à la fabrication de l’image afin d’aiguiser son regard face à celles qui l’entourent constamment. Il prend conscience que les images ne sont pas le réel mais une interprétation du réel, une mise à une distance de la réalité cadrée, filtrée, interprétée, que lui-même regarde souvent à travers un écran intermédiaire (smartphone, ordinateur, tablette, télévision, cinéma). Il comprend que l’image procède d’une intention, celle de l’auteur, que celui-ci nous propose sa vision des choses.

 

Les notions abordées sont nombreuses : Apprendre à penser une image avant sa prise, composition, cadrage, notion de champs / hors champs, champs / contrechamps, angle de vision ; L’éditing, le choix des images et la notion du renoncement comme disait André Gide ; Le post-traitement : trouver le bon rendu (grain, contraste, tonalité des images, saturation,…).

Cette vision qui n’est pas forcément la nôtre nous propose de nous décentrer, de reconsidérer les choses, d’un œil nouveau, différent afin de nous interroger sur le monde dans lequel nous vivons et la place que nous y occupons.

 

Marjorie FLOERS, professeure d’Arts Plastiques.